Equipe Analyse des pratiques musicales

IRCAM Département Recherche & Développement / UMR 9912 CNRS

Né en 1965, à Besançon, Brice Pauset est l’un des compositeurs les plus importants de sa génération. Ses œuvres sont notamment données Salle Pleyel, à la Cité de la musique, à l’Ircam, à l’Opéra de Paris-Bastille, au Théâtre du Châtelet et dans le cadre du Festival d’Automne à Paris, mais aussi au cours d’autres manifestations européennes de premier plan (Ars Musica, Musica, Musica Viva, Ultraschall, Wien Modern, festivals de Donaueschingen, de Lucerne ou de Witten…), ainsi qu’à l’Abbaye de Royaumont, à l’Opéra de Dijon, au Théâtre national du Luxembourg, au Konzerthaus, à la Philharmonie et au Staatsoper de Berlin, à la Philharmonie de Cologne, au Nationaltheater de Mannheim… Son catalogue compte à ce jour plus de quatre-vingts œuvres vocales, solistes, lyriques, d’ensemble ou d’orchestre, caractérisées par la subtile complexité de leur tissu polyphonique, leur connivence avec l’histoire de la musique, y compris instrumentale (clavecin, pianoforte, viole d’amour, théorbe...), et par la permanence de préoccupations philosophiques. Au regard de l’ampleur de ce catalogue et de l’importance des enjeux compositionnels et esthétiques qui s’y manifestent, étrangement, aucune monographie n’a été consacrée à Brice Pauset. L'ouvrage en cours de rédaction par Laurent Feneyrou viendra combler une lacune, à un moment où l’œuvre de Brice Pauset connaît une reconnaissance internationale.

Le livre se divisera en trois sections, constituées de six chapitres.

La première section sera une édition commentée des livrets de ses œuvres. En deçà de l’écriture soliste ou chorale, de la récitation, de la déclamation, du chant, de la syllabe esseulée, de l’insistance sur la consonne ou de l’établissement de répertoires de bruits de bouche et de gorge, l’œuvre vocale de Brice Pauset repose sur des livrets établis par le compositeur – à la seule exception, à ce jour, des syntagmes réunis par Peter Szendy pour Perspectivae sintagma II (Canons). Ces livrets illustrent l’orientation, sinon l’évolution de ses lectures littéraires, philosophiques, théologiques et politiques, autant d’auteurs, de thèmes et de styles de prédilection, devenus sources d’inspiration. En limitant l’analyse d’éléments musicaux, exposés dans d’autres sections de l’ouvrage, Laurent Feneyrou étudiera ici, dans leur ordre chronologique, les livrets, la provenance des fragments requis, plus ou moins développés, leur langue et leurs agencements, de même que la signification qu’ils acquièrent par ceux-ci, dressant de la sorte une image des riches mondes poétiques et conceptuels de Brice Pauset.

La deuxième section, la plus développée, se divisera en trois chapitres. Ces chapitres porteront sur une œuvre, mais seront conçus comme trois constellations, où viendront s’agréger d’autres partitions et un tissu de problématiques musicales et esthétiques. Un premier chapitre s’articulera autour d’une œuvre : Vanités (2000-2002), pour deux voix (soprano d’écho et haute-contre) et ensemble (clavecin principal, deux clavecins d’écho, théorbe, deux violons, alto, contrebasse). Par cette œuvre, ce chapitre permettra notamment d’aborder la mélancolie, l’instrumentarium baroque, les formes et la combinatoire de Brice Pauset. Le deuxième chapitre s’articulera aussi autour d’une œuvre : Exercices du silence (2007-2008), récit en quatorze scène pour voix, figures, piano et environnement informatique, sur un livret de Brice Pauset d’après les lettres de Louise de Bellère du Tronchay, dite Louise du Néant (1639-1694). La vie de Louise du Néant nous est connue, comme ses lettres, par un ouvrage de Jean Maillard, paru en 1732 sous le titre Le Triomphe de la pauvreté et des humiliations et récemment réédité par Claude-Louis Combet. Exercices du silence met en scène ce personnage de l’extrême. Ses terribles cris, ses angoisses et les symptômes de son hystérie dissociative la mèneront, en 1677, à la Salpêtrière, où elle partagera le sort des folles, des miséreuses, des mendiantes, des prostituées, des voleuses, des grabataires et autres égarées de l’Hôpital général. Laurent Feneyrou traitera ici, notamment : la CAO et les transformations électroniques en temps réel, ainsi que la conscience historique de Brice Pauset. Le troisième chapitre, encore à l’état d’esquisse, portera sur les trois dernières symphonies de Brice Pauset : Symphonie IV (Der Geograph) (2007), pour piano et orchestre, Symphonie V (Die Tänzerin) (2008), pour grand orchestre, et Symphonie VI (Erstarrte Schatten) (2009), pour grand orchestre, six voix solistes et électronique.

La troisième et dernière section de l’ouvrage se divisera en deux chapitres. Le premier chapitre sera une édition critique des articles de Brice Pauset : « Moments de la forme et de l’écriture dans la composition musicale » ; « La transcription comme composition de l’écoute » ; « Autonomie et pédagogie de la fragilité » ; « Dialogue — impromptu (Brice Pauset et Andreas Staier) » ; « Das Einfachste, schwer zu machen » (texte au titre allemand, mais en langue française) ; et « Schubert dans le texte »… Le second chapitre sera un catalogue complet des œuvres de Brice Pauset, reprenant, agrémenté d’un appareil critique, l’ensemble de ses notices.

Avec Brice Pauset

De quels matériaux, esquisses et documents dispose-t-on pour rédiger une étude sur une figure récente et essentielle de la composition ? Qu'en faire et sur quelles bases ? Comment mettre en évidence et transmettre les intentions musicales, théoriques et esthétiques de l'auteur ? Comment déchiffrer ses complexes formalisations combinatoires et informatiques ? Et, dès lors, comment rendre compte de sa place dans l’histoire musicale avec un recul suffisant ? Telles sont les questions que pose ce projet de monographie sur Brice Pauset, la première, en cours de rédaction.

Contributeurs

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Musicologies de la composition


 

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