Parcours exploratoire dans Concerto d'Elvio Cipollone

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  • Concerto : partie électronique seule
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  • Concerto : instrument et électronique
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Première vue mixte du passage

C’est dans le passage suivant, au cours la 4e Variation que tout commence à réellement s’animer.

Observons d'abord ce passage au complet : PASSAGE 2 "Les Variations 3 et 4 "

VIDEO Ecr_2 Passage2 : de 01:29 à 02:37


Puis rentrons dans le détail de chacune des parties.

Partie instrumentale

de 01:29 à 02:37/ mes 14 à 33 (p.2 à 5)

VIDEO Ecr_i Passage2 : de 01:29 à 02:37

Le cor de basset réalise comme au début une même montée progressive par des chromatismes, mais moins prudente puisqu’elle passe par un slap extrêmement grave qui sert d’appui pour déclencher la note la plus haute de toute la pièce : un sol5. C’est l’exploitation de l’ambitus très large de cet instrument qui permet d’affirmer un contraste : la note très basse jouée en slap met en valeur la note suivante, très aigue.
Les hauteurs ne sont ici pas au premier plan : après une montée en diagonale vers l’aigu, elles suivent une oscillation mélodique. Le timbre des slaps et du son soufflé est doux.  

En page 4, à la pédale 10, la forme d’onde du son instrumental (qui démarre au slap de la mesure précédente) témoigne d’un son tenu mais avec une pression insufflée par accoups.


Légende : Forme d’onde du slap de la mes. 26 jusqu’à la note tenue de la page 4.

A nouveau un slap grave déclenche une note extrêmement aigue. L’instrument entame un élan d’ascension vers l’aigu mais les slaps jouent un rôle perturbateur.

En page 5, une volonté de saturation du son instrumental est marquée, avec un son multiphonique puissant puis un son fendu fortissimo. Le son fendu, basé sur un si 1 (note réelle), est suivi de deux harmoniques voulus pianissimo et sans basse par le compositeur, ce qui provoque un contraste grave/aigu accentué par le contraste de nuances. Nous verrons plus loin pour quelles raisons ont été choisies les hauteurs des sons de la partition qui utilisent ce mode de jeu.

 

Partie électronique

de 01:29 à 02:37 / Pédales 6 à 12

VIDEO Ecr_e Passage2 : de 01:29 à 02:37


Des sons un peu sourds (filtrés) transparaissent d'abord à l’électronique, évoquant un souffle lointain, qui semble entrecouper par intermittence l’avancement de la partie de l’instrumentiste, comme le vent empêcherait un marcheur d’avancer.

Puis l’électronique émet une saillance brève à la pédale 9, juste à la suite du pic de hauteur du cor de basset mes.23, comme pour lui répondre.

A la pédale 9, s’opère un passage du bruit à des sons dits « d’ordinateur » (type de son nommé ainsi par le compositeur), par un rapide fondu-enchainé. Ecoutons-le :


Deux images nous permettent de comprendre ce passage.

Ci-dessous le spectre sonore de ce bruissement agité se changeant en sons d’ordinateur égrenés :


Légende Passage d’un son bruiteux aux « sons d’ordinateur »

Nous remarquons, alors que ce n’était pas audible, que la hauteur du dernier son électronique est très proche du Fa 4 (98 Hz environ), qui est justement la prochaine note visée par le cor de basset (esquissée mes. 26, atteinte mes. 27, et tenue durant toute la pédale 10).

Ces sons d’ordinateur sont placés à la fin de la 3e variation, comme lors de la précédente variation (c’est la seconde apparition de ce type de son).

La vue du signal ci-dessous témoigne de la stéréophonie plus ou moins prononcée de chaque type de son : sa forme d’abord asymétrique puis symétrique renseigne sur le caractère stéréophonique du son bruiteux tandis que le son d’ordinateur est égal dans l’espace binaural :


Légende L’intensité du son en fonction du temps dans l’espace Gauche/Droite (représenté Haut/Bas)

A la pédale 10, la saillance électronique arrive en même temps que l’attaque de la note du cor de basset.

Ensuite, les deux parties s’alternent précisément (page 4, fin du premier système).

L’intervention de l’électronique se fait une fois que l’instrument se tait, puis aussitôt, apparaît un motif à l’instrument en réponse, et qui a pour effet de redéclencher la partie électronique.

Le retour des sons d’ordinateur s ’opère ici plus tôt qu’auparavant pour cette quatrième variation : dès la seconde ligne (Page 4, 2e syst.).

Ecoutons ces sons d’ordinateur de la pédale 11 :


A la pédale 11, a lieu une déflagration sourde puis les sons d’ordinateurs sont activement égrenés, mais leur timbre est cette fois dénaturé.

Mixte

Reconsidérons tout ce passage avec l’écoute cette fois totale des deux parties :


VIDEO ECR_2 Passage2 : de 01:29 à 02:37


Au début de chaque variation, les deux parties ne semblent pas oser s’affronter et s’alternent,  mais de façon plus rapprochée qu’auparavant. Ensuite seulement elles commencent à jouer en même temps (cf. 2e ligne de la page 3 durant la variation 3 et cf. 2e ligne de la page 4 durant la variation 4).

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