Equipe Analyse des pratiques musicales

IRCAM Département Recherche & Développement / UMR 9912 CNRS

Parcours

Ma formation en arts et sciences humaines (philosophie, musicologie et littérature, entre 2003 et 2009) a permis de poser les prémisses d’une réflexion sur les musiques des XXe et XXIe siècles, en particulier les musiques amplifiées et électroniques, mais aussi sur l’esthétique de la musique atonale du début du XXe siècle (mémoire de Master I de philosophie). Entre 2010 et 2013, j’enseigne le français dans l’académie de Grenoble en suivant parallèlement le Master musique de l’EHESS. Je soutiens en 2012 un mémoire intitulé « Pratiques de la musique électronique. High Tone et Pierre Jodlowski, du geste technologique à la violence scénique ». En 2013, j’obtiens un contrat doctoral du PRES héSam pour une thèse sur le geste dans la musique électronique sous la direction de Marc Chemillier (EHESS) et Nicolas Donin.
 
Détaché à l’IRCAM, je suis le travail de compositeurs en résidence de recherche ainsi que les interprètes, techniciens, scénographes et réalisateurs en informatique musicale qui les accompagnent. J’effectue également un travail de terrain à l’extérieur de l’IRCAM.

En cours

Résumé de la thèse :
Le modèle physique d’une adéquation mécanique entre le geste instrumental et le son produit est au fondement des pratiques de la musique acoustique. Les moyens technologiques de la musique électronique ont la particularité d’introduire une rupture dans le rapport causal entre le geste et le son produit. Cette médiation intégrée dans les interactions instrumentales découle des procédures de computation et d’automation inhérentes aux machines. Leur usage, en particulier de l’ordinateur, a des conséquences majeures sur les pratiques de la musique. La question de savoir ce que la musique électronique, dans son « instrumentalité » singulière, fait aux corps musiciens (à l’écoute, aux gestes, à la vue, aux stratégies de création) est donc celle qui guide ce travail doctoral.

Partant alors du constat selon lequel le devenir technologique des instruments de musique constitue une limite de l’organologie traditionnelle – et gêne la pleine compréhension des reconfigurations technologiques des pratiques musicales –, ce travail vise à combler cette lacune par l’étude située de la lutherie électronique et numérique dans des contextes musicaux variés (musique savante, performances audiovisuelles, musiques populaires). Les configurations instrumentales électroniques peuvent être analysées avec la même rigueur organologique que celle adoptée pour les instruments acoustiques : nous en proposons un exemple qui permet de situer chaque contrôleur gestuel dans des filiations instrumentales.

L’approche ethnographique permet de circonscrire l’usage particulier de ces outils à différents moments du processus de création : conceptualisation de l’œuvre, collaboration technique, réalisation artistique et représentation scénique. C’est par l’analyse contextuelle du geste musical sur les interfaces qu’on tirera une conception objective des instruments de musique électroniques, qui conditionnent aussi bien les processus créateurs que la manière de se mettre en scène comme musicien. Ainsi le corps musical, dans sa dimension gestuelle, est-il à la fois un critère de classification instrumentale mais aussi un vecteur d’expressivité dans les musiques électroniques, trop souvent jugées, à tort, « désincarnées ».

Publications

Articles de recherche

Avec François-Xavier Féron, « The creative process of Sculpting the Air by Jesper Nordin. Conceiving and performing a concerto for conductor with live electronics », Contemporary Music Review, vol. 35, n°4-5 : "Gesture-Technology Interaction in Contemporary Music", Zubin Kanga (dir.), 2016, pp. 450-474.

« Infra-sons et basses fréquences. Le tangible dans l'écoute et la matérialité du studio », Où va la musique ? Numérimorphose et nouvelles expériences d'écoute, Philippe Le Guern (dir.), Paris : Presses des Mines, 2016, pp. 197-211.

« Du Musical au paysage sonore : en haine de l’harmonie ? », Recherches & travaux, n°78, Claude Coste et Bertrand Vibert (dir.), Grenoble : ELLUG, 2011, pp. 169-184.

« Mahler dans le prisme d’Adorno : la modernité à retardement », Chemin faisant, n°2, Claude Coste et Takashi Miyazaki (dir.), Kyoto : Seizan-sha, 2009, pp. 31-44.

Chroniques & comptes-rendus

« Mark J. Butler, Playing with Something That Runs. Technology, Improvisation, and Composition in DJ and Laptop Performance », Transposition. Musique et sciences sociales, n°6, « Lignes d'écoute, écoute en ligne », Stéphan-Éloïse Gras et Peter Szendy (dir.), 2016. En ligne : http://transposition.revues.org/1453

« Delta T : aux confluences de la musique », La Revue des revues, n°57, Paris : Ent'revues, 2017, pp. 125-127.

« Un parcours dans Circuit », La Revue des revues, n°54, Paris : Ent'revues, 2015, pp. 82-85.

Communications

« Geste et musique électronique : organologie, instrumentalité et interaction technologique », séminaire de l'EHESS « Modélisation des savoirs musicaux relevant de l'oralité » (M. Chemillier), 29 mars 2017.

« Les sons nocturnes de la musique électronique », Estiennales, Paris, École Estienne, 7 décembre 2016.

« Norme et hack », séminaire de l'EHESS « Improvisation et composition musicales : par delà l'opposition entre notation et action » (C. Cannone et N. Donin), Paris, 29 novembre 2016.

« Performing Dub with Musical Interfaces: Toward a Gestural Analysis of Creativity in Electronic Music », IASPM UK & Ireland Conference 2016: Creativity: Practice and Praxis, Brighton, The Clarendon Center, 9 septembre 2016.

« Gesture as a Musical Parameter: Conducting with Live Electronics in Sculpting the Air by Jesper Nordin » (avec F.-X. Féron), Porto International Conference on Musical Gesture as Interface, Universidade Católica Portuguesa, 19 mars 2016.

« L'incarnation de l'instrumentalité dans la musique électronique », Quatrième journée des jeunes chercheurs du GREAM, Strasbourg, Maison Interuniversitaire des Sciences de l'Homme - Alsace, 11 mars 2016.

« Geste et musique électronique : une approche organologique située », Séminaire du Centre de Recherche en Ethnomusicologie, Nanterre, Maison de l'Archéologie et de l'Ethnologie, 15 février 2016.

« Musique électronique et geste instrumental », suivi de l'animation d'un workshop d'initiation à la prise de son et au montage, Nevers, École Supérieure d'Arts Appliqués de Bourgogne, 14 janvier 2016.

« Pierre Jodlowski et la mise en scène du corps, l'exemple de Music, Violence and other stories (2008) » colloque « Les enjeux de la contemporanéité dans la création musicale du XXIe siècle », Université d’Évry-Val d’Essonne , 16 octobre 2015.

« Gestural Interfaces and Creativity in Electronic Music: A Comparative Analysis », Colloque international « Tracking the Creative Process in Music », Paris, Centre Pompidou/Ircam, 9 octobre 2015.

« Sculpting the Air (2015) de Jesper Nordin : l'expérimentation d'une direction d'orchestre techno-augmentée » (avec F.-X. Féron), Colloque international « Tracking the Creative Process in Music », Paris, Centre Pompidou/Ircam, 8 octobre 2015.

« Pour une méthodologie d'analyse du geste dans la musique électronique », Journées doctorales de musique et musicologie de la Sorbonne, Paris, Maison de la recherche, 28 mars 2015.

« Échantillonner la world music, enjeux et envers d'une pratique répandue », Colloque international « La fabrique de la diversité en musique. Entre world music et patrimoine culturel immatériel », Paris, Maison des cultures du monde, 9 décembre 2014.

« Geste, corps et instrument dans la musique électronique », Journée d'étude « Le geste : main, mouvement et émotion », Nantes, Stereolux, 6 novembre 2014.

Organisation

Co-organisateur du colloque "Musique et Hacking : instruments, communautés, éthiques", Paris, novembre 2017 (IRCAM, CNAM, MQB).

Séminaire de l'EHESS "Geste, instrument de musique, technologie", 2015-2016 (avec Nicolas Donin).

Co-organisateur des journées d'étude « Musiques électroniques et sciences sociales : technologies, pratiques, discours », dans le cadre du 40e anniversaire de l'EHESS, Paris, 25 et 26 juin 2015.

Baptiste Bacot

Mon travail porte principalement sur les musiques électroniques, dont je cherche à circonscrire les pratiques, les enjeux technologiques et esthétiques. Il s’agit de mesurer l’impact des technologies sur les manières de produire, d’exécuter et de concevoir la musique. Ce questionnement passe par l’analyse située d’activités musicales stylistiquement variées (musique populaire, musique savante, performances audiovisuelles), dans la perspective d’une organologie des instruments électroniques.

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